« Frédérique Lemarchand est le génie de la vision, vision de la lumière cachée au sein de la lumière et qui a donné naissance au monde visible et au monde invisible. »

Basarab Nicolescu

« … est un animal de peinture qui se cache derrière ses pinceaux. Caméléon du ciel et de ses toiles, elle est verte quand on la croit bleue elle est or quand on la croit noire. Elle court, du silence de sa musique à l’incertitude de sa vie. Elle court d’une exposition à une aquarelle, d’une toile symbolique à une peinture en direct. Il ne faut retenir de cela que les formes de son vol, loin de la terre et de ses lourdes occupations, loin de la brume d’un incertain lever de soleil. C’est l’image exacte qu’on doit se faire de l’art, une volupté d’un regard sans fin, une lente descente vers les profondeurs des âmes. A force de jeter ses toiles, elle se jette elle-même au bout du vide et on la retrouve toujours intacte, au milieu d’une couleur, à poursuivre sa route. Frédérique Lemarchand est une artiste  et ce mot si simple résonne en nous comme une évidence désespérée de ceux qui franchissent toujours le gué. »

Texte de Max Eyrolle

 

« À faire vibrer sur la toile la carnation des visages, Franz Hals et Rembrandt nous ont émus ; ils nous ont précédés sur des chemins de vies singulières dévoilant cette glorieuse géographie des traits et des regards quand la lumière irradie de la forme et des mouvements de l’âme.
La grande tradition du portrait vient de tourner une page. Dans son exposition «Chair lumière», Frédérique Lemarchand nous invite à parcourir le visage humain sur des sentiers non balisés. Sa fougue des bleus et ors, la texture même de sa matière picturale nous conduisent sans avertissement vers les mondes d’avant le verbe ou d’après la transfiguration. Une épure de ce que nous serons un jour, peut-être, ou de ce que nous avons été, peut-être. Le poids des corps, radieux ou corrompus, se fait scintillement, étoile palpitante dans la nuit des savoirs.
Comme nous le ferions pour Frida Kahlo nous encourageons le visiteur de l’exposition de F. Lemarchand à se familiariser avec l’itinéraire de vie de l’artiste, le terreau biographique dans lequel a germé sa peinture. À la différence de l’œuvre de Kahlo toutefois, le pathos en est absent, la souffrance paraît intégralement transformée dans le creuset encore brûlant d’un regard retourné.
Ne demeurent que les visions qui visitèrent le peintre au long d’un parcours initiatique scandé par les épreuves du corps souffrant.
Une attention particulière aux courts textes qui accompagnent les œuvres conduira le visiteur sur un chemin de pèlerinage vers les sources auxquelles s’est désaltérée l’artiste dans ses traversées du désert, Rumi, Dürckheim, Marie-Madeleine Davy, Annick de Souzenelle, Zundel… Frédérique Lemarchand nous ouvre son univers et nous invite à fréquenter ses amis, ceux qui lui prirent la main quand elle respirait laborieusement dans les corridors de l’entre-deux mondes. »

 

Texte de Marc Bouriche
Écrivain de « Rumeurs océanes » aux éditions complicités.